Conforama Meyrin : le personnel dénonce un management toxique, la violation des données personnelles et la vidéosurveillance abusive
"Nous n'avons plus confiance en notre directeur" Clarisse, Employée de Conforama, Meyrin
Conforama Meyrin : le personnel dénonce un management toxique, la violation des données personnelles et la vidéosurveillance abusive
17 novembre 2024 – Les employés de Conforama Meyrin se mobilisent pour dénoncer un management toxique qui a conduit à une vague d'arrêts maladie et des licenciements injustifiés. Face à une gestion néfaste et destructrice mise en place par le directeur actuel, ils exigent des changements immédiats pour restaurer des conditions de travail respectueuses et humaines.
En effet, depuis début 2023, avec l'arrivée du nouveau directeur, une ambiance délétère s'est installée dans le magasin. Le directeur a instauré une gestion basée sur la méfiance, les divisions et les pressions constantes, entraînant une détérioration notable des conditions de travail. Le directeur a déjà licencié 13 personnes et 8 personnes sont actuellement en arrêt maladie pour burn-out.
Révélation de données personnelles et harcèlement
Le personnel dénonce un harcèlement quotidien marqué entre autres par les faits suivants :
- Discrimination entre employés, pression, accusations non fondées de vol et critiques incessantes
- Utilisation de la rumeur comme moyen de communication, recrutement privilégiant des personnes de son cercle privé au détriment des personnes compétentes licenciées injustement
- Instauration de la peur en utilisant constamment le chantage du licenciement et des congé-modifications
- Révélations de données personnelles sensibles accessibles à tout le personnel. Les certificats médicaux et divers documents personnels confidentiels sont mis sur le serveur du magasin et accessibles à tout le personnel. Ce qui entraîne des commentaires sur l'état de santé, sur des situations personnelles difficiles comme le divorce et la vie privée des collaborateurs. « Le directeur lui-même révèle des données personnelles et tient des propos calomnieux sur les personnes absentes. », affirment unanimement les salariés. Anne, employée, témoigne : « Il est inacceptable que nos données sensibles et personnelles aient été mises à la portée de tout le monde. »
Conditions de travail en violation des lois
Les employés rapportent également de multiples infractions à la Loi sur le travail, notamment le non-respect des temps de pause légaux, des plannings établis très tardivement puis modifiés à volonté et des dépassements réguliers du temps de travail maximal.
Christine, employée, souligne : « Nous sommes des êtres humains. Nous exigeons le respect et de la reconnaissance ».
Un appel à l'action
Mandaté par les employés, le syndicat Syna a discuté avec la direction générale qui, selon Komla Kpogli, secrétaire régional à Syna Genève, s'est contentée de licencier le bras droit du directeur de Conforama Meyrin. « Stratégie du fusible » disent le syndicaliste et les employés qui affirment que la confiance avec le directeur du magasin de Meyrin est rompue et que l'ambiance dans le magasin n'a pas changé. Une pétition circule même parmi le personnel pour demander la réintégration de la dernière personne licenciée. « Nous sommes dans l'incompréhension totale de l'attitude de la direction générale envers le personnel en souffrance dans le 2ème magasin le plus rentable de Suisse », commente Boris, employé.
Le personnel, soutenu par le syndicat Syna, prévoit de mener des actions progressives pour se faire entendre. Komla Kpogli, secrétaire syndical, déclare : « Face au refus de la direction générale de Conforama de prendre des mesures à la hauteur des dégâts causés, nous ferons des actions très prochainement. Ces actions seront progressivement dosées selon la capacité d'écoute de la hiérarchie. »
Pour plus de renseignements :
Komla Kpogli
Secrétaire régional, secteur Tertiaire
Téléphone : 076 542 79 18
Florilège de commentaires de quelques employés (prénoms d'emprunt) :
« Quand des articles manquent, le directeur dit, sans jamais apporter la preuve, que cela est dû au vol que commettraient des gens au sein du personnel. Nous ne sommes pas des voleurs mais des travailleurs. » Xenia, Employée
« La direction générale de Conforama doit protéger notre santé. » Fabienne, Employée
« Stop à cette politique managériale qui traite les employés comme du Kleenex. » Thibault, Employé
« Un magasin peut réussir sans son directeur. Mais pas sans le personnel. » Carla, Employée
« Nous sommes des êtres humains. Nous exigeons le respect et de la reconnaissance. » Christine, Employée
« Des employé-es qui pleurent, qui viennent au travail la boule au ventre, qui sont épuisés physiquement et mentalement et qui ont peur de perdre leur travail, viennent travailler sous médicaments notamment des anxiolytiques. Voilà la situation. » Pierre, Employé
« Le directeur a divisé en 2 : une minorité de privilégiés qui sont ses amis et une majorité de défavorisés. Nous n'avons plus confiance en lui. » Clarisse, Employée
« La direction générale de Conforama a fait semblant de nous écouter. En réalité, nous la trouvons méprisante envers nous et notre travail. » Alice, Employée
« La direction générale de Conforama doit nous respecter comme nous respectons notre contrat. » Chantal, Employée
