Par Syna le 8.9.2026
Catégorie: Communiqués de presse

La pénurie de main d’œuvre qualifiée qui sévit dans la branche de la santé représente un danger pour l’accès aux soins

Le système de santé a atteint ses limites: d'ici 2034, la Suisse aura besoin de plus de 110 000 nouveaux employé·e·s dans la branche. Pour les attirer puis les motiver à rester, il faut améliorer les conditions de travail. Afin de faire pression sur les milieux politiques, le syndicat Syna appelle à une manifestation nationale le 28 novembre 2026 ainsi qu'à une grève du travail de care l'année prochaine.

Les prévisions publiées aujourd'hui parl'Observatoire suisse de la santé (Obsan) font état d'une situation alarmante: d'ici 2034, les institutions de santé suisses devront recruter quelque 110 300 nouveaux collaborateurs et collaboratrices, ce qui représente en moyenne plus de 11 000 recrutements supplémentaires par an. Cette augmentation des besoins en effectifs s'explique principalement par les départs à la retraite, les personnes qui quittent la profession et l'augmentation des besoins en soins d'une population vieillissante. Dans le même temps, la formation en Suisse ne permet plus, depuis longtemps déjà, de couvrir les besoins, en particulier en matière de personnel infirmier.

La mise en œuvre de l'initiative sur les soins infirmiers reste inachevée

Pour le syndicat Syna, le constat est clair: la pénurie de personnel qualifié constitue désormais un risque pour l'accès aux soins. Si l'on ne parvient pas à maintenir davantage de personnel de santé dans la profession, les temps d'attente vont s'allonger; la charge de travail s'accroîtra encore et la qualité des soins en pâtira toujours davantage.

Situation de crise sur le lieu de travail

Les nouveaux chiffres de l'Obsan montrent que la Suisse perd une grande partie de son personnel qualifié formé. Moins de la moitié du personnel infirmier diplômé â travaille encore dans une institution de santé après 40 ans. Pour les assistant·e·s en soins et santé communautaire (ASSC) et les assistant·e·s socio-éducatifs/ves (ASE), la proportion chute même à environ 22 %.

«Nous ne manquons pas de personnes qui choisissent une profession de la santé. Ce sont les conditions de travail inadéquates qui empêchent ces personnes de rester dans leur profession».

Nico Fröhli, responsable de branche Santé du syndicat Syna

Cinq ans après l'acceptation de l'initiative sur les soins infirmiers, la promesse n'est toujours pas tenue

Le 28 novembre 2021, une large majorité du peuple a dit «oui» à l'initiative sur les soins infirmiers. Depuis, la formation a certes été développée. Mais le deuxième volet, décisif, de l'initiative – l'amélioration des conditions de travail, des effectifs de personnel suffisants, des clés de répartition du personnel contraignantes, une plus grande participation aux décisions et un véritable allègement de la charge de travail du personnel – attend toujours d'être mis en œuvre.

Les conséquences apparaissent désormais noir sur blanc: même dans le scénario modéré et optimiste de l'étude de l'Obsan, la Suisse ne peut couvrir qu'environ la moitié de ses besoins en nouveau personnel infirmier diplômé avec les personnes formées dans le pays. Le taux de couverture se situe entre 40 et 55 %.

Il faut à présent faire pression sur la sphère politique

L'étude de l'Obsan montre clairement que les départs de la profession constituent un facteur déterminant de la pénurie de personnel qualifié, sur lequel il est possible d'influer. Améliorer les conditions de travail permet de réduire les besoins en personnel plus efficacement qu'une seule intensification de la formation.

Le syndicat Syna appelle par conséquent l'ensemble du personnel du secteur de la santé à faire pression sur les politiques et les employeurs:

110 300 employé·e·s manquants dans la branche de la santé, ce n'est pas une statistique abstraite. Ces postes vacants, ce sont des équipes surmenées, plus d'heures supplémentaires, moins de temps à consacrer aux patientes et aux patients et un système de santé qui atteint ses limites. Pour garantir l'accès aux soins, il faut enfin faire en sorte que les professionnels puissent exercer leur métier sur le long terme.

C'est pour faire entendre ce message que le personnel de santé descendra dans la rue les 28 novembre 2026 et 14 juillet 2027.

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