Retrait en capital du 2e pilier: liberté de choix ou risque fiscal déguisé?
Retrait en capital ou rente: un choix lourd de conséquences.
Aujourd'hui, les personnes qui atteignent l'âge de la retraite peuvent opter pour une rente mensuelle à vie, un retrait de l'intégralité du capital, ou une combinaison des deux (une partie en capital et une partie en rente). Le retrait en capital est particulièrement attractif pour celles et ceux qui souhaitent investir, rembourser une dette ou disposer librement de leur épargne. Mais il comporte aussi de nombreux risques:
- Épuisement du capital en cas de longue espérance de vie,
- Gestion difficile et fluctuante du capital,
- Mauvaise couverture des risques (invalidité, décès du conjoint),
- Dépendance accrue aux prestations complémentaires (PC) si le capital est mal géré.
Fiscalité inégale et préoccupations sociales
Par ailleurs, l'augmentation des retraits en capitaux grève les prestations complémentaires, conçues pour aider les personnes financièrement défavorisées et non pour palier une mauvaise gestion du capital. C'est faire peser sur la collectivité un risque pris individuellement. L'encadrement du capital devrait être mieux réfléchi, avec, peut-être, une limitation des retraits à la part surobligatoire.
Voilà en tout cas qui revoie à un autre débat blûlant: l'individualisation de la prévoyance professionnelle. Alors qu'au début des années 70 nous débattions des rentes populaires, dont l'idée a été abandonnée au profit de la solution des 2 piliers, force est de constater aujourd'hui une fragilisation de la solidarité au profit du chacun pour soi et une méfiance grandissante vis-à-vis des institutions sociales.
Face à un système qui se grippe, ne devrons-nous pas revenir aux fondamentaux, à savoir garantir à toutes et tous des rentes dignes versées au moyen d'un mécanisme pérenne qui réponde à l'intérêt collectif?
Ce que défend le syndicat Syna
- une fiscalité plus équitable entre rente et capital,
- une meilleure information aux assurés sur les risques du retrait en capital,
- des mécanismes de protection pour éviter la précarité à long terme,
- une coordination avec les prestations complémentaires, afin que le retrait en capital ne fasse pas supporter le risque financier à l'État.
Faut-il renforcer la fiscalité des retraits en capital? Ou préserver la liberté de choix à tout prix? Le débat ne fait que commencer. Écrivez-nous pour donner votre avis sur le 2e pilier ou partager votre expérience personnelle. Votre témoignage compte!
