Par Marco Geu le 7.4.2020
Catégorie: Travail

Corona: rien ne va plus sans les frontalières et frontaliers

En cette période de crise du coronavirus, les frontaliers et frontalières nous sont encore plus indispensables que d'ordinaire. Eux aussi méritent nos remerciements.

La Suisse tout entière est une région frontalière, une réalité que souligne la crise du coronavirus. Le secteur de la santé, en particulier, emploie de nombreuses personnes venues de France, d'Allemagne, d'Autriche et d'Italie. Le secteur suisse de la santé serait inconcevable sans elles, avec ou sans coronavirus.

La protection des salaires au lieu de l'hostilité!

Pourtant les frontalières et frontaliers sont malheureusement nombreux à rencontrer de l'hostilité en Suisse. L'opinion en vogue dans certains cercles politiques, selon laquelle ils/elles nous prendraient notre travail, à nous Suisses, n'est peut-être pas sans fondement dans certaines branches de l'artisanat, où il y a en effet de gros problèmes de sous-enchère salariale des travailleurs détachés.
Des problèmes qui ne peuvent être résolus qu'avec une protection des salaires conséquente et autonome. Mais même dans les cas de dumping salarial, le problème ne provient pas des employé-e-s: ce sont les employeurs qui baissent les salaires!

Solution contre la pénurie de personnel qualifié

Dans de nombreuses branches cependant, les frontalières et frontaliers sont indispensables au fonctionnement de l'économie suisse. Dans bien des cas, le besoin en main d'œuvre ne peut depuis longtemps plus être couvert par les Suisses et Suissesses. Par conséquent, dans la plupart des branches, les frontalières et frontaliers constituent une solution, et non un problème. Il importera d'y songer lors de la votation qui aura lieu prochainement sur l'initiative dite de limitation.

Leur engagement sauve des vies

Actuellement, dans le secteur de la santé, l'engagement des frontalières et frontaliers qui sauvent des vies est particulièrement impressionnant. Bien que le coronavirus sévisse souvent plus fort encore dans leurs patries qu'en Suisse, beaucoup de professionnel-le-s de la santé étrangers continuent de traverser quotidiennement la frontière pour soigner des Suisses et Suissesses. Sans toujours recevoir de la part de leurs employeurs et patient-e-s la reconnaissance qu'ils et elles méritent.
Pour sa part, Syna leur dit «Merci pour votre travail, aujourd'hui et à l'avenir. Votre engagement pour nous ne va pas de soi!».

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