Par Syna le 6.11.2026
Catégorie: Syna Magazine

Des dépliants pour le congé du dimanche

Douze dimanches d'ouverture des magasins au lieu de quatre? Pour Syna, c'est non! Le dernier jour de la session d'automne, nous avons distribué des dépliants devant le Palais fédéral pour rappeler aux membres du Conseil national les conséquences de ce projet pour le personnel de vente, juste avant un vote décisif.

Vendredi 2 octobre, peu après sept heures du matin. Sur la place Fédérale à Berne, tout est encore calme. Pas la moindre trace de conseillères et conseillers nationaux. Seuls quelques passants traversent la place. Mais bientôt, les premiers hommes et femmes politiques y passeront à leur tour en se rendant au Palais fédéral. C'est le dernier jour de la session d'automne, et l'ordre du jour comporte un projet qui pourrait être lourd de conséquences pour le personnel du commerce de détail. Je suis là, sur la Place fédérale, avec des collègues de Syna et d'Unia. Munis de dépliants, nous voulons attirer une dernière fois l'attention des membres du Conseil sur les conséquences d'une extension des ouvertures dominicales.

Quatre ou douze dimanches?​

Pour être précis, il s'agit de l'initiative 23.325 du canton de Zurich. Elle vise à permettre aux cantons d'autoriser les commerces à employer du personnel jusqu'à douze dimanches par année, contre quatre actuellement, sans autorisation spéciale. Soit trois fois plus.

Le Conseil des États a rejeté l'initiative cet été, à une voix près. Auparavant, Syna avait attiré l'attention sur les conséquences de cette mesure par le biais d'une campagne de cartes postales. Des employées et employés du commerce de détail ont écrit à leurs conseillères et conseillers aux États pour leur expliquer ce qu'une extension des ouvertures le dimanche leur ferait perdre: du temps à passer en famille, avec des amis, ou tout simplement à se reposer. C'est désormais au Conseil national de se prononcer. S'il rejette lui aussi le projet, l'affaire sera classée. Dans le cas contraire, le Conseil des États devra se repencher sur la question. «Ce serait formidable si nous pouvions clore la question aujourd'hui et éviter ainsi définitivement toute augmentation du travail dominical», déclare Cornelia Bickert, responsable de la branche du commerce de détail chez Syna.

Les personnes concernées ne siègent pas au Parlement​

«J'ignore si les parlementaires ont vraiment conscience de ce qui est en jeu pour les personnes concernées», déclare Cornelia Bickert. Personne au Parlement ne travaille comme vendeuse ou vendeur dans le commerce de détail. La réalité à la caisse d'un magasin, les longs samedis de travail et les difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale sont bien loin du quotidien du Palais fédéral. Et c'est précisément pour cela que nous sommes là, avec nos dépliants. Car derrière la revendication d'une extension des ouvertures dominicales, il y a des travailleuses et des travailleurs qui risquent de perdre de précieux moments avec leurs proches. Entre-temps, la Place fédérale s'est animée. Les premiers membres du Conseil national arrivent. Beaucoup sont reconnaissables à leurs costumes, leurs mallettes et leurs valises à roulettes. Nous nous sommes répartis sur la place pour pouvoir les aborder depuis toutes les directions.

Il y en a qui acceptent un dépliant sans ralentir le pas, d'autres qui passent sans un mot, impassibles, d'autres encore qui s'arrêtent brièvement, échangent quelques mots avec nous et nous remercient pour notre engagement.

Difficile de dire si quelqu'un changera d'avis à cause d'un dépliant. «Il est important de rappeler une nouvelle fois quelles seraient les conséquences de ce projet», explique Cornelia Bickert. Nous nous attendons à un résultat serré. Il est donc d'autant plus important d'attirer jusqu'au bout l'attention sur les préoccupations des employés.

Ça s'est joué à deux voix près​

Peu à peu, les derniers membres du Conseil national disparaissent dans le Palais fédéral. Dehors, il ne nous reste plus qu'à attendre. Sur nos téléphones, nous suivons les votes en direct. Puis le moment est enfin venu: l'initiative cantonale 23.325 est à l'ordre du jour.

Nous scrutons l'écran, impatients de connaître le résultat. Les sièges du Conseil national se colorent peu à peu de rouge, de vert et de jaune. Dès le premier coup d'oeil, il est évident que le résultat sera extrêmement serré. Mais il est difficile de déterminer qui détient la majorité. Puis vient le résultat: 97 voix pour, 95 contre, quatre abstentions. Seulement deux voix d'écart. Le Conseil national a adopté l'initiative. L'extension des ouvertures le dimanche n'est donc pas encore écartée. La déception est palpable. Nous avions espéré que le projet serait définitivement rejeté aujourd'hui. D'un autre côté, ce résultat serré montre à quel point cette question est controversée.

Pendant une pause de la séance, Giorgio Fonio, conseiller national tessinois et secrétaire régional de notre syndicat partenaire OCST, sort du Palais fédéral. Spontanément, il nous invite à prendre un café dans la salle des pas perdus. Lui aussi se tourne déjà vers la prochaine étape. «C'est désormais au Conseil des États de confirmer son rejet de l'initiative lors de la prochaine session d'hiver. S'il le fait, le dossier sera clos.» Il se montre confiant, estimant que les ouvertures dominicales supplémentaires ne seront finalement pas autorisées.​
Nous poursuivons notre engagement​

Lorsque nous quittons le Palais fédéral, il est évident que notre lutte pour le maintien du dimanche comme jour de congé ne s'arrête pas là. Lors de la session d'hiver, le Conseil des États devra à nouveau se prononcer.

Que ce soit en distribuant des dépliants devant le Palais fédéral, en envoyant des cartes postales ou en discutant directement avec les parlementaires, nous continuerons à faire entendre la voix du personnel de vente. Car ce débat ne concerne pas seulement les horaires d'ouverture des magasins. Il touche aussi à quelque chose d'essentiel: le droit de disposer de son temps libre, de profiter de sa famille et de se​ reposer.

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