Par Syna le 16.2.2022
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Faillite de Pimkie: Syna dénonce le non-respect des droits des vendeuses

Mi-janvier, les vendeuses de l'enseigne Pimkie en Suisse romande licenciées juste avant Noël pour cause de faillite n'avaient toujours pas reçu leur salaire, ni les documents nécessaires pour la caisse de chômage. Et aujourd'hui?

C'est un bien triste cadeau de fin d'année qu'ont reçu les employées suisses de l'enseigne de vêtements Pimkie. Le 21 décembre 2021 à 15h, soit quatre jours avant Noël, la filiale suisse de Pimkie, Mode Diffusion System (MDS), basée à Bâle, annonce en effet par réunion téléphonique à l'ensemble des vendeuses qu'elle a fait faillite le 17 décembre dernier. Et leur ordonne dans la foulée de fermer immédiatement les portes des deux succursales de l'enseigne à Genève et à Crissier.

Les responsables de MDS, qui avaient cessé d'approvisionner les magasins depuis quelques semaines, n'avaient donné la moindre information à leurs collaboratrices sur la situation de la filiale et encore moins sur la faillite. Les vendeuses ont donc continué à travailler après le prononcé de la faillite jusqu'au 21 décembre où elles ont subitement perdu leur emploi, sans salaire, sans lettres de résiliation ni attestations d'employeur. Or, non seulement les employées ont droit à leur salaire, mais aussi elles ont droit à ces documents pour pouvoir s'inscrire rapidement au chômage.

Collaboratrices prises au dépourvu

En cachant l'imminence de la faillite à ses employées, la direction de Pimkie les a prises au dépourvu, au pire moment de l'année. «Trois jours avant Noël, nous ne savons pas comment nous allons payer nos loyers et nos factures», relevait Laurence, l'une des neuf employées licenciées, juste avant Noël.

Les employées ne comprennent pas ce qui leur est arrivé et comment leur direction a pu les traiter ainsi. Elles estiment qu'il n'y avait aucune urgence pour l'employeur à déclarer la faillite et que celui-ci n'a réellement pas cherché des solutions alternatives permettant de garder les emplois. Quant à Fabrice Chaperon, responsable régional de Syna Genève, il relève que Pimkie, marque française appartenant à la famille Mulliez dont la fortune s'élève à 26 milliards d'euro, n'est pas à son premier fait d'armes. Elle a déjà sévi en Allemagne, en Autriche, en Espagne, en France puis récemment en Belgique: «Partout, Pimkie a plongé son personnel dans la précarité, empoché les bénéfices et laissé l'ardoise sociale à la collectivité. Cette énième faillite appelle à une réforme profonde de la loi sur les faillites, de sorte à mieux protéger les employées et employés et à mieux faire assumer leurs responsabilités humaines et financières aux employeurs.»

Une incompétence crasse

La bataille continue pour obtenir tous les documents nécessaires de l'employeur. Komla Kpogli, secrétaire régional du secteur tertiaire, dénonce «une incompétence crasse». Mais, les vendeuses ont un début de soulagement pour avoir reçu les premiers versements des indemnités chômage et insolvabilité qui viennent d'être versées.

Par un courrier du 18 janvier 2022, Syna a saisi les conseillers d'Etat de Genève et de Vaud en charge de l'Economie et de l'Emploi pour leur demander de porter un regard sur cette faillite surtout si Pimkie était parmi les entreprises ayant bénéficié des aides publiques durant la pandémie du Covid-19.

Syna poursuit son accompagnement des collaboratrices touchées dans toutes les démarches durant cette période extrêmement compliquée. Une issue heureuse est à envisager pour ses vendeuses qui, par l'intermédiaire de Syna, ont des contacts pour l'avenir. Nous communiquerons sur cette issue le moment venu. Et c'est très bientôt.

Trois questions à Komla Kpogli

Komla, quel est le rôle de Syna dans le cadre de cette procédure de faillite?
Komla Kpogli: «Le syndicat Syna, c'est l'humain d'abord. Nous avons donc écouté les vendeuses concernées. C'est à partir de leurs besoins que nous avons commencé par agir à leurs côtés. D'abord exiger les salaires en souffrance, puis exiger les différents documents nécessaires pour la constitution du dossier aussi bien au niveau de l'office des faillites qu'auprès de la caisse insolvabilité.»

Comment notre syndicat peut-il aider au mieux les collaboratrices touchées?
«Nous pouvons les accompagner de manière professionnelle et bienveillante à chaque étape. Un dossier de faillite est une affaire exigeante car une procédure précise doit être respectée. Cela suppose d'expliquer de manière claire cette procédure aux travailleuses concernées, répondre à leurs questions et remplir avec elles les formulaires demandés en vérifiant tout afin d'éviter des erreurs. La gestion de ces aspects juridiques et techniques va de pair avec notre présence aux côtés des travailleuses. Cela demande une grande disponibilité. Nous les écoutons, les conseillons, les accompagnons, les orientons et partageons leur indignation et colère quand il le faut puis les apaisons quand c'est nécessaire. C'est un rôle humain, avant tout, que nous avons.»

De manière générale, que doit faire un employé ou une employée en cas de licenciement pour cause de faillite?
​«Notre conseil, c'est de ne pas attendre le licenciement avant de venir au syndicat. Dès l'apparition des signes avant-coureurs, les travailleuses et travailleurs doivent immédiatement prendre contact avec nous pour savoir comment agir et éviter d'être surpris quand l'employeur ne communique pas en toute transparence sur la situation de l'entreprise.»


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