Par Syna le 4.9.2026
Catégorie: Migration FR

Femmes migrantes: quels obstacles à l’intégration professionnelle?

​Travailler est important pour trouver sa place en Suisse. Cependant, la langue, les horaires de travail, les responsabilités familiales ou les difficultés d'accès à la formation limitent souvent les possibilités d'emploi pour les femmes migrantes.

​Elles n'ont pas toutes le même parcours: certaines arrivent en Suisse en ayant déjà un métier, alors que d'autres n'ont pas encore de formation professionnelle. Les unes parlent déjà une langue nationale suisse, tandis que les autres doivent commencer par apprendre le français, l'allemand ou l'italien.

Beaucoup de femmes migrantes travaillent dans des branches comme le nettoyage, l'hôtellerie-restauration, la vente, les soins ou l'industrie. Ces emplois sont indispensables au fonctionnement de la société suisse, mais les salaires y sont souvent modestes et les conditions de travail difficiles.

Les difficultés peuvent se cumuler

​La langue est souvent un obstacle pour chercher un emploi, comprendre son contrat ou sa fiche de salaire, poser des questions à son employeur ou connaître ses droits.

La situation familiale peut aussi compliquer les choses. Pour les femmes migrantes qui travaillent tôt le matin, le soir ou le week-end, trouver une solution pour faire garder leurs enfants peut être un casse-tête. Surtout si leur famille vit dans un autre pays et si elles n'ont pas encore d'amis, de voisins ou de connaissances qui pourraient les aider. Cela peut les empêcher d'accepter certains horaires, d'augmenter leur temps de travail ou de suivre une formation.

De plus, même si elles ont déjà exercé un métier dans leur pays, elles peuvent devoir recommencer presque à zéro en Suisse: il est parfois difficile de faire reconnaître une formation, de l'adapter à la pratique en Suisse ou simplement d'avoir l'occasion de montrer ce qu'on sait faire.

La formation ouvre des portes
Une formation, même courte, comme un cours de langue, un perfectionnement ou une spécialisation, peut permettre d'améliorer sa situation au travail, de prendre plus de responsabilités ou de trouver un nouvel emploi. Mais il n'est pas toujours facile de se former quand on travaille déjà. Comment suivre un cours lorsqu'on travaille avec des horaires irréguliers? Comment payer une formation avec un petit salaire? Comment trouver le temps lorsqu'on s'occupe aussi de ses enfants? 
Et comment savoir quelles possibilités existent et à qui s'adresser? Le syndicat Syna aide à trouver des solutions.

Quels sont les principaux problèmes?

Entre autres l'élargissement prévu de la plage horaire de travail autorisée, dont la durée passerait de 14 à 17 heures. Ainsi il serait théoriquement possible de travailler entre 6 h et 23 h.

Bien sûr, peu de gens travailleraient durant tout ce temps. Mais [PG2.1]le problème est qu'une plage de travail aussi étendue rend la séparation entre vie professionnelle et vie privée plus difficile. Une personne qui travaille le matin, assume des obligations familiales durant la journée et rouvre son ordinateur portable le soir reste, en définitive, sous l'emprise du travail toute la journée.

Nous sommes également critiques à l'égard de la réduction prévue du temps de repos quotidien, qui passerait de onze à neuf heures. Le repos n'a rien d'anodin: il est indispensable à la santé, à la concentration et à la performance.

Connaître ses droits pour mieux les défendre

​Pour réussir dans le monde du travail, il est important de connaître ses droits. Quel salaire demander? À combien de vacances a-t-on droit? Que faire si l'employeur ne paie pas les heures supplémentaires ou si l'on est en désaccord avec lui? Syna répond aussi à ces questions, informe sur les droits au travail et intervient en cas de problème avec l'employeur. 

Travailler, mais aussi progresser

​Pour Syna, l'intégration professionnelle, ce n'est pas seulement avoir un emploi. C'est aussi pouvoir travailler dans de bonnes conditions, recevoir un salaire correct, connaître ses droits et pouvoir apprendre et progresser dans son métier.

Cela bénéficierait non seulement aux femmes migrantes, mais aussi à la société suisse tout entière, qui profiterait ainsi de leur force de travail et de leurs compétences.

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