Par Syna le 17.2.2023
Catégorie: Syna Magazine

«La déclaration de force obligatoire a été un acquis extrêmement important pour les syndicats».

Franz Hubli est membre du syndicat depuis 72 ans. Dans ce portrait, ce syndicaliste convaincu de 88 ans revient sur son vécu au fil des années.

Mon travail

À 16 ans, j'ai commencé mon apprentissage de menuisier dans une entreprise du village voisin. Le travail me plaisait, mais les salaires étaient très bas. J'ai touché un franc par jour pendant ma première année d'apprentissage, puis un franc de plus à chaque année de formation supplémentaire. En fin d'apprentissage, j'étais donc payé un peu plus de 2 francs de l'heure. Avec ça, pas moyen de faire des folies. Après de 20 ans dans la menuiserie, et des années de compagnonnage à Coire et à Zurich, j'ai raccroché. En 1971, j'ai accepté un poste de collaborateur syndical à la Fédération chrétienne des travailleurs de la construction de Suisse (FCTC) et, trois ans plus tard, j'ai été nommé secrétaire de la région de Zurich. Mais le travail du bois m'accompagne encore aujourd'hui et me procure toujours beaucoup de plaisir. Il y a six mois à peine, j'ai remis à neuf une vieille table pour ma belle-fille.

Mon syndicat

J'ai adhéré au syndicat pendant mon apprentissage. Mon frère était alors président de la section régionale de la FCTC. Pour moi, il était donc naturel d'y adhérer. Mon maître d'apprentissage était tout sauf enthousiaste. À l'époque, il m'a donné le choix: le syndicat ou la place d'apprentissage. J'ai alors demandé un entretien au président central de la FCTC, August Schelbert. Il m'a demandé le nom de mon maître d'apprentissage et lui a simplement dit de lui dire bonjour de sa part. Deux semaines plus tard, lorsque mon maître d'apprentissage m'a demandé si j'avais quitté le syndicat, j'ai transmis les salutations. Cela a clos le sujet et j'ai pu terminer mon apprentissage sans problème, malgré mon affiliation au syndicat.

C'était une période difficile sur le plan économique. En tant que travailleur manuel, on n'avait aucun soutien de nos employeurs, on n'était rien d'autre qu'une force de travail. Les syndicats, en revanche, s'engagent pour leurs membres, les aident par exemple à trouver un emploi, mais aussi dans les tâches quotidiennes.

Mon engagement

Au cours de mes 28 années en tant que secrétaire de la FCTC pour la région de Zurich, j'ai pu conseiller et soutenir de nombreux membres dans des situations délicates, par exemple lors de litiges dans les relations de travail ou de discussions avec la SUVA. La déclaration de force obligatoire des conventions collectives de travail (CCT) est sans conteste un acquis important car elle a mis un terme au grand patchwork de CCT régionales qui régnait jusque-là et a permis d'établir des normes nationales.

Mon départ à la retraite a coïncidé avec l'année de la création de Syna. Ainsi, j'ai vécu les premières années de Syna non pas en tant que collaborateur mais en tant que membre. Pour moi, le contact avec d'autres syndicalistes, par exemple dans le groupe des retraités, est très important. Tout récemment, j'ai fait la connaissance de Petra Däscher, l'actuelle responsable du secrétariat de Syna pour la région de Zurich et donc ma successeure. Je trouve fantastique de sentir l'engagement et l'attitude positive de l'équipe actuelle.

Article en relation