Par Syna le 4.9.2026
Catégorie: Syna Magazine

«Les salariés doivent bénéficier équitablement des bons résultats»

L'automne est traditionnellement la période des négociations salariales. Dans un contexte de hausse du coût de la vie, Syna a présenté ses revendications. Nous nous sommes entretenus avec sa présidente, Yvonne Feri, au sujet des principaux enjeux et des défis à relever.
Dans quelles conditions s'engagent les négociations salariales 2026?
Beaucoup de salariées et salariés ont le sentiment que la croissance économique ne leur profite pas suffisamment, ce que les chiffres confirment. La productivité et l'économie ont progressé ces dernières années, mais de nombreux salaires n'ont pas suivi. Certes, les salaires réels se sont brièvement redressés en 2025, mais le coût de la vie continue d'augmenter, en particulier en matière de cotisations d'assurance maladie et de loyers. Cela grève le budget des ménages. Or dans de nombreuses branches, les entreprises enregistrent des résultats bons ou du moins stables. Nous estimons donc que les personnes qui contribuent quotidiennement au succès de ces entreprises doivent elles aussi en bénéficier, de manière équitable.
La revendication pour la branche de la santé est frappante. Pourquoi Syna réclame-t-il une augmentation salariale de 5 à 6 %?

Parce que la branche a un gros retard à rattraper. Depuis des années, le personnel de la santé fournit d'énormes efforts, souvent sous forte pression et avec de lourdes responsabilités. Malgré cela, l'évolution des salaires y est l'une des plus faibles qui soient.

Et la pénurie de personnel qualifié demeure un problème crucial. Pour attirer et fidéliser davantage de professionnels, il faut une amélioration concrète des conditions de travail et des salaires. Pour garantir des soins de qualité, il faut être prêt à investir dans le personnel. Il est d'autant plus regrettable que même le «oui» du peuple à l'initiative sur les soins n'ait encore apporté aucune amélioration tangible. Cela témoigne d'un échec de la mise en œuvre attendue.

Syna Jura a lancé une initiative cantonale à ce propos. Quel est son message?

Nous voulions montrer qu'il ne suffit pas de débattre de la crise des soins. Avec cette initiative, nous réclamons des mesures concrètes. Dans le Jura, un programme de financement annuel doit permettre de recruter davantage de personnel soignant, d'améliorer les conditions de travail et d'augmenter les salaires.

Lorsque le financement est systématiquement invoqué comme un obstacle, nous estimons que les responsables politiques et les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités. Nous mènerons, si nécessaire, des discussions similaires dans d'autres cantons.
Le rivendicazioni sonLes revendications sont-elles aussi élevées dans toutes les branches?o così elevate in tutti i rami professionali?

Non. Nos revendications tiennent toujours compte des situations spécifiques. Dans l'industrie, par exemple, nous demandons une hausse modérée des salaires, de 2 %. L'an dernier, nous avons fait preuve de retenue en raison des incertitudes économiques. Aujourd'hui, il nous semble juste que les salariées et salariés profitent eux aussi de la stabilisation de la situation.

Dans le commerce de détail aussi, nous réclamons 2 %. Pendant longtemps, les salaires n'y ont que faiblement progressé, alors que les exigences envers les salariés ont augmenté de manière disproportionnée. Dans l'hôtellerie-restauration, cependant, notre priorité est d'obtenir une hausse des salaires minimaux nettement plus élevée, car le retard à rattraper y est particulièrement important.
Dans le secteur principal de la construction, en revanche, Syna ne formule pas de revendication salariale supplémentaire. Pourquoi?

Parce qu'une bonne solution y existe déjà: la compensation automatique du renchérissement convenue dans la convention collective nationale. Grâce à elle, les salaires sont ajustés chaque année, au minimum en fonction de l'évolution du coût de la vie.

C'est là un succès du partenariat social. Ainsi, les salariés ne doivent pas lutter chaque année pour préserver leur pouvoir d'achat. Ce type de solutions inscrites dans les CCT apporte sécurité et prévisibilité aux deux parties.
Quel rôle joue globalement le partenariat social?

Un rôle très important. Certaines branches montrent que le partenariat social peut fonctionner. Lorsque les employeurs et les syndicats parviennent régulièrement à trouver des solutions et veillent au pouvoir d'achat des salariés, tout le monde en profite.

On le constate par exemple dans les branches de l'enveloppe du bâtiment ou de l'industrie du bois, où des augmentations salariales équitables ont été négociées ces dernières années. Ces succès méritent d'être salués. Un bon partenariat social instaure la confiance et garantit la stabilité.
Quelle idée forte veux-tu défendre pour les prochaines négociations salariales?

L'année dernière, les salariées et salariés ont à nouveau apporté une contribution essentielle au succès des entreprises. Il serait donc injuste que les gains de productivité et les bons résultats ne profitent qu'à ces dernières ou à leurs actionnaires. Les travailleurs doivent recevoir leur juste part de la prospérité qu'ils contribuent à créer. Cela permettrait par ailleurs de compenser efficacement la hausse des primes d'assurance maladie et du coût de la vie.

Nos revendications sont délibérément différentes selon les situations: là où il y a un retard à rattraper, nous exigeons des améliorations significatives; là où le partenariat social fonctionne bien, nous le reconnaissons. En fin de compte, c'est simple: un bon travail mérite un bon salaire.

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