Les primes d'assurance-maladie sont souvent un poids insoutenable pour les petits budgets.
Comme travailleurs et travailleuses, nous avons souvent pour seul droit celui de payer. Ça suffit! Nous appelons aujourd'hui nos autorités à réagir efficacement et urgemment contre les augmentations des primes maladie. Avoir accès à la santé sans se ruiner ne devrait pas être un privilège mais un droit.
Des primes toujours plus lourdes
Les primes d'assurance-maladie continuent de grimper en Suisse: en 2026, la prime moyenne atteint 393,30 francs, soit une hausse de 4.4 % par rapport à 2025, considérée modérée. Sur 25 ans, les primes ont plus que doublé (+150 %), alors que l'inflation générale n'a progressé que de 17 %.
Certes la qualité des soins augmente et l'éventail des prestations de base s'étoffe, notre système de santé est probablement l'un des meilleur d'Europe, mais la répartition du coût de la santé entre État et assuré-e-s ne peut se poursuivre sur le modèle actuel, d'autant plus qu'en fin de compte, la part de l'État est aussi supportée par les contribuables-assuré-e-s.
Les salaires ne suivent pas
Les salaires réels ont baissé de 3,1 % entre 2021 et 2023, et en 2024, ils n'ont connu qu'une faible hausse de 1.8%. En clair, ton salaire augmente peut-être… mais bien moins vite que tes dépenses obligatoires. Les primes maladie, en particulier, progressent presque 4× plus vite que les salaires. Ainsi, tous les mois, ton budget se comprime, écrasé par des primes maladie et un loyer toujours plus élevés.
Notre membre Marco, carreleur dont la compagne est baby-sitter, témoigne: «Avec une franchise de 1 500 francs chacun, nous payons au total environ 850 francs. Chaque année, nous avons une augmentation d'environ 30 à 35 francs par personne.»
Rappelons aussi que les primes maladie, qui représentent une grande part de ton budget, ne sont pas prise en compte dans le calcul de l'IPC (indice des prix à la consommation qui mesure le renchérissement, ou en d'autres termes l'augmentation du coût de la vie) et faussent ainsi les bases de négociations salariales. Cela provoque un effritement de la classe moyenne.
Notre membre Cristiana Alves Pinto, enseignante, constate: «Les loyers, les primes d'assurance-maladie et le coût de la vie global augmentent. Dans le même temps, on attend toujours plus de nous: nous vivons dans une société de la performance. Mais même si nous en faisons plus, les salaires réels n'augmentent pas au même rythme.»
Le risque d'une santé à deux vitesses est réel
Afin de réduire leurs primes d'assurance-maladie, de nombreux ménages font le choix d'augmenter leur franchise. Pour les personnes aux revenus les plus modestes, se soigner devient alors si cher qu'elles renoncent parfois à se consulter un médecin.Pour Marco, qui a subi trois lourdes opérations, il devient toujours plus difficile de payer les soins: «J'ai souvent dû demander des délais de paiement afin de ne pas trop alourdir le budget familial», révèle-t-il.
Ça ne peut plus durer, exigeons des solutions concrètes !
Une nouvelle hausse a été annoncée pour 2026.Ces constantes augmentations entraînent un transfert de charge sur l'État par le biais des subventions cantonales (ex. Fribourg: 27 % des assurés subventionnés), qui deviennent vitales. Mais beaucoup d'ayants droit n'osent pas encore faire la demande d'aide.
Pour remédier au problème, ces propositions et des initiatives cantonales demandent un plafonnement des primes selon le revenus. Ainsi, le subventionnement deviendra-t-il automatique.
Cristiana ne croit pas, elle non plus, que les augmentations des primes à répétition constituent une solution viable. «Il serait plus judicieux de soutenir les caisses-maladie de manière ciblée dans le domaine de la prévention. On sait désormais que certaines maladies ont augmenté au cours des dernières décennies en raison de notre mode de vie. Il faudrait donc investir davantage dans des mesures de prévention, par exemple en proposant des bilans de santé annuels faciles d'accès», propose-t-elle.
Nos élus ont-ils la moindre idée du quotidien des citoyennes et citoyens?
Refuser d'inclure les primes d'assurance-maladie dans le calcul de l'IPC témoigne de l'ignorance, pour ne pas dire du mépris d'une grande partie de nos politiciens et politiciennes pour la situation de leurs concitoyens et concitoyennes. Elles continuent d'augmenter chaque année et aucune mesure est mise en place pour éviter cela.
Marco, convaincu que «la réalité quotidienne n'est souvent pas celle perçue par ceux qui nous gouvernent » réclame un droit de consultation et souhaite « un débat productif, mené par le syndicat en tant que médiateur, qui nous aide à trouver un terrain d'entente entre les dépenses et les avantages pour nous, les citoyens. Se soigner est un droit pour toutes et tous.»
Toi aussi, engage-toi!
Les primes d'assurance-maladie ne sont plus un «poste secondaire» du budget des ménages: elles sont devenues un facteur déterminant du pouvoir d'achat. Elles doivent être intégrées dans le calcul de l'IPC et reconnues comme un facteur de pauvreté.Pétition: Assez payé !
STOP à la hausse des primes maladie jusqu'à des solutions concrètes!