Par Marco Geu le 10.12.2019
Catégorie: Branches

Il manque le respect

L'automne salarial touche à sa fin. Les résultats obtenus jusqu'à présent sont mitigés, mais indépendamment de cela, quelque chose m'a frappé durant ces négociations: le manque de respect des employeurs vis-à-vis de leurs propres employé-e-s et vis-à-vis des syndicats qui les représentent.

Je cite ici quelques phrases de représentants des employeurs, prononcées au cours des négociations salariales pour 2020, et qui témoignent de ce que certains chefs pensent de leurs employé-e-s et des syndicats:

«Un tiers de mes employé-e-s ne méritent pas le salaire qu'ils reçoivent, alors d'autant moins une augmentation.»

«À cause de l'analyse de l'égalité des salaires que vous, les syndicats, nous avez imposée par voie légale, je vais maintenant jeter 10 personnes à la porte, histoire de la financer.»

«Vous les syndicalistes n'êtes tous que des fonctionnaires sans conscience et vous n'avez rien à dire ici!»

«Tout ce que vous faires, c'est de monter le personnel contre nous! Sinon, vous n'êtes bons à rien!»

«Personnellement, je ne travaillerais jamais pour le salaire minimal et aux conditions fixées par notre CCT, et je ne le conseillerais pas non plus à mes enfants.»

Ces quelques phrases révèlent clairement ce qui devient un problème fondamental dans toujours plus de branches: le manque de respect envers les collaborateurs/trices et les syndicats qui les représentent.
Pour toujours davantage d'employeurs, le partenariat social est comme un accessoire de luxe: on le sort de l'armoire quand on en a besoin, mais autrement, on n'y porte aucun intérêt.

S'engager pour un véritable partenariat social

Heureusement, dans beaucoup d'autres branches, on voit les fruits que peut porter une décennie de partenariat social, lorsque les deux parties y adhèrent sincèrement. En matière de modèles de retraite anticipée, de sécurité au travail, de financement et d'organisation de formations continues en particulier, nous sommes parvenus à trouver des solutions à l'avantage à la fois des employeurs/euses et des travailleurs/euses.
Ce sont de réels succès, mais qui n'ont été possible que par un engagement de bonne foi des deux parties dans un réel partenariat social.

Ensemble, et d'égal à égal

Pour la nouvelle année syndicale 2020, je souhaite que les employeurs intensifient leur participation au partenariat, qu'ils acceptent et respectent le rôle des syndicats, et qu'ils veuillent, avec nous, trouver des solutions.
De la part des employé-e-s, je souhaite plus d'engagement dans les syndicats, de préférence évidemment chez Syna. Ces deux conditions remplies, nous pourrons continuer de faire avancer le progrès social, ensemble et d'égal à égal.

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