Par Syna le 4.11.2025
Catégorie: Égalité

Violences sexualisées au travail: un phénomène réel

​Les violences sexualisées au travail restent une réalité quotidienne pour des milliers de personnes en Suisse. Les résultats du sondage réalisé par Syna entre mars et septembre 2025 montrent que la parole ne circule pas, que les procédures et les mesures manquent et que les victimes paient encore trop souvent le prix du silence institutionnel.

Résultats du sondage

​Plus de quatre personnes sur dix déclarent avoir déjà été confrontées à ce type de situation. Les secteurs les plus touchés sont aussi ceux où les rapports hiérarchiques et les dépendances économiques sont les plus marqués. Dans 40 % des situations, l'auteur est… un membre de la hiérarchie. Ce chiffre dit tout: la logique n'est pas «un problème sexuel» mais on utilise le sexuel pour exercer un pouvoir, une domination.

En effet, l'OFS regroupe sous violences sexualisées l'ensemble des infractions à caractère sexuel définies dans le Code pénal lorsqu'un acte, une parole ou un comportement sexuel est exercé sans consentement et à des fins de domination.

Dénonciations et mesures mises en place

​Pourtant, seules 22 % des victimes osent signaler les faits. La peur de ne pas être crue, de perdre son emploi, de subir des représailles, pèse encore lourd. La honte aussi. Et la méfiance envers des procédures souvent opaques, parfois inexistantes. Les processus internes sont trop fragiles.

Moins de la moitié des participant·e·s indiquent que leur entreprise dispose d'une procédure claire. Une personne sur trois affirme qu'il n'existe tout simplement aucun dispositif. Et près d'une sur cinq ne sait même pas si quelque chose existe — ce qui est déjà un signal d'alerte en soi : si un système est invisible, il n'existe pas.

Témoignages

​Notre sondage laissait la place aux commentaires et remarques et les témoignages recueillis sont bouleversants. Ils racontent l'isolement, le silence, l'absence de soutien :

«Personne parmi la direction, pas même le service du personnel, ne m'a protégé·e.»
«Après avoir signalé, c'est moi qui ai été suspendue. »
«Je ne l'ai pas dénoncé, car les RH ne garantissent pas l'anonymat.»
«J'ai été agressé sexuellement par un collègue dans l'ascenseur au travail.»

Ce n'est pas qu'un problème juridique. C'est un problème de confiance. Et tant que les victimes auront plus à perdre qu'à gagner, les violences resteront invisibles — donc impunies.

Syna propose une vraie solution: un organe neutre et indépendant

​Sur la base de ces résultats, Syna demande la mise en place d'un organe indépendant, accessible à tout le personnel, en-dehors de la hiérarchie directe. Cet organe devrait garantir la confidentialité, protéger contre les représailles et orienter les personnes concernées. Et pour être crédible, il doit être placé sous supervision tripartite: État, syndicats et employeurs.

L'objectif est simple: faire du respect une culture vécue, pas un slogan. Syna réaffirme son engagement à briser le silence, à protéger les personnes touchées et à défendre des lieux de travail où le respect n'est pas négociable. Parce que la peur ne doit plus être du côté des victimes, elle doit changer de camp!

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