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40 ans de LPP: quel avenir pour le 2e pilier?

La loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP) fut introduite il y a 40 ans, marquant une étape importante pour la prévoyance vieillesse. Cet acquis obtenu de haute lutte fait aujourd'hui face à de nouveaux défis.

Le deuxième pilier fait désormais partie intégrante du système de prévoyance vieillesse en Suisse. Toute personne qui travaille cotise à une caisse de pension et se constitue ainsi une sécurité financière pour l'après-vie active. Nous le devons à un long processus politique et à l'Engagement celles et ceux qui se sont battus pour une prévoyance vieillesse solidaire et collective.

Les débuts: lorsque la prévoyance vieillesse était une question de chance

Jusqu'à une période avancée du XXe siècle, la prévoyance vieillesse fut en Suisse une affaire essentiellement privée. Quelques grandes entreprises avaient certes mis en place des fondations de prévoyance ou des caisses de pension facultatives pour leurs employés de longue date, principalement au profit des hommes actifs disposant d'un revenu fixe. Cependant, la majorité des travailleurs et travailleuses, en particulier les femmes et les personnes à faible revenu, n'avaient pas accès à une prévoyance professionnelle. 

Ce n'est qu'avec l'introduction de l'AVS en 1948 qu'un filet de sécurité étatique vit le jour pour les personnes âgées. Premier pilier de la prévoyance vieillesse, l'AVS avait pour but de garantir un minimum vital. Mais il est rapidement apparu qu'elle ne suffirait pas, à elle seule, à maintenir le niveau de vie habituel des personnes âgées, en particulier celles disposant d'un revenu moyen ou élevé.

1972: le tournant politique

Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la pression s'est accrue pour étendre la base de la prévoyance vieillesse. Une large alliance composée de syndicats, de partis de gauche et de forces chrétiennes-sociales a exigé que le droit à une prévoyance vieillesse complémentaire ne dépende plus de la bonne volonté des employeurs, mais soit inscrit dans la loi. En adoptant, en 1972, le nouvel article constitutionnel sur la prévoyance professionnelle, le peuple suisse a clairement manifesté sa volonté: le deuxième pilier devait devenir un système obligatoire, accessible à toutes et tous et non plus réservé à une poignée de privilégiés.

1985: entrée en vigueur de la LPP
Après d'intenses discussions politiques, la LPP est entrée en vigueur le 1er janvier 1985. Depuis, les employeurs sont tenus d'assurer auprès d'une caisse de pension leurs employés et employées dont le salaire dépasse un revenu minimal défini. La prévoyance professionnelle est ainsi devenue le deuxième pilier du nouveau modèle de prévoyance vieillesse à trois piliers:
  • 1er pilier –prévoyance étatique (AVS/AI), qui garantit le minimum vital
  • 2e pilier – prévoyance professionnelle (LPP), pour le maintien du niveau vie
  • 3e pilier – prévoyance privée facultative pour compléter la prévoyance individuelle
La LPP a réglementé pour la première fois de manière contraignante les prestations minimales que les caisses de pension doivent fournir en cas de vieillesse, d'invalidité et de décès. Employeurs et employés se partagent le financement, les avoirs de prévoyance sont gérés selon le principe de la capitalisation et versés à la retraite sous forme de rente mensuelle ou de capital.

Une avancée historique qui soulève cependant des questions pour l'avenir
L'introduction de la LPP a constitué une étape décisive pour de nombreux salariés et salariées: enfin un deuxième pilier de prévoyance réglementé par la loi qui couvre non seulement les personnes à revenus élevés, mais aussi une large partie de la population. Un système solidaire où toute personne qui travaille bénéficie d'une sécurité financière à la retraite. Quarante ans plus tard, la LPP demeure un pilier important de la sécurité sociale en Suisse. Mais il suscite d'intenses discussions quant à son évolution, notamment en matière de couverture des personnes travaillant à temps partiel, d'adéquation du système de contribution selon l'âge ou encore d'équité du taux de conversion. Johann Tscherrig, membre de la direction du syndicat Syna, répond à nos questions sur la situation actuelle et l'avenir du deuxième pilier dans une interview. 

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