Après le 5e jour de négociation aussi, la direction de la SSE empêche une solution - Les entrepreneurs s’opposent à des horaires de travail compatibles avec une vie de famille : la deuxième journée de protestation des travailleurs de la construction aura lieu vendredi
Même la cinquième ronde de négociation sur la convention nationale du secteur principal de la construction en Suisse (CN), qui expire bientôt, n'a abouti à aucun accord. À l'heure où un maçon sur deux quitte la branche à cause des journées de travail interminables, la Société suisse des entrepreneurs persiste à refuser les améliorations nécessaires pour les travailleurs de la construction. Elle voudrait au contraire les faire travailler davantage pour moins de salaire. Après la journée de protestation de la semaine dernière au Tessin, c'est au tour des travailleurs de la construction bernois de débrayer ce vendredi. De nouvelles journées de protestation dans d'autres régions suivront dans les prochaines semaines.
La Convention nationale du secteur principal de la construction en Suisse (CN) règle les conditions de travail des près de 80 000 travailleurs qui bâtissent la Suisse par tous les temps. Cette convention collective expire à la fin de l'année et doit être renégociée. Faute d'accord avant la fin de l'année, la construction risque, pour la première fois depuis plus de dix ans, une situation de vide conventionnel.
Des horaires de travail compatibles avec une vie de famille n'ont que trop tardé
Les revendications des travailleurs de la construction pour redonner plus d'attrait à la branche sont claires :
- Le paiement intégral des temps de déplacement jusqu'au chantier : le temps de déplacement sur ordre de l'entreprise fait partie du temps de travail et doit être indemnisé. Aujourd'hui, contrairement à la loi, le temps de déplacement jusqu'au chantier n'est pas assimilé au temps de travail et n'est payé qu'à partir de 30 minutes.
- Une pause du matin payée : c'est depuis longtemps la norme dans d'autres métiers.
- Des journées de travail plus courtes : huit heures de travail pénible, c'est suffisant.
- Une augmentation de salaire et la compensation du renchérissement assurée à l'avenir : les travailleurs de la construction méritent une garantie de leur pouvoir d'achat.
Les entrepreneurs réclament des journées de travail plus longues pour moins de salaire et des baisses de salaire pour les jeunes formés
Les travailleurs de la construction sont à bout. La vague de protestations nationale continue.
D'abord des négociations retardées, puis le blocage d'améliorations nécessaires et enfin des revendications de la direction de la SSE qui prennent pour cible leur vie de famille : les travailleurs de la construction sont à bout. Un vote national clair en faveur de la grève si la SSE persiste à refuser de négocier, a donné lieu à la première journée de protection la semaine dernière. Plus de 2500 travailleurs de la construction ont débrayé au Tessin. La prochaine journée de protestation suivra le vendredi 31 octobre à Berne.
De nouvelles journées de protestation sont prévues dans d'autres régions ces prochaines semaines : les 3 et 4 novembre dans toute la Suisse romande, le 7 novembre dans la Suisse du Nord-Ouest et le 14 novembre à Zurich et dans d'autres endroits de Suisse alémanique.
Michele Aversa, coresponsable de la branche construction de Syna, 078 775 32 64
