Automne chaud dans la construction - 2500 travailleurs de la construction débrayent au Tessin et lancent une vague nationale de protestation dans la branche
Les journées nationales de protestation ont débuté aujourd'hui au Tessin par une démonstration de force. Les travailleurs de la construction répondent ainsi à l'intransigeance de la direction de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) dans le cadre de la renégociation de la convention nationale (CN). À l'heure où un maçon sur deux quitte la branche, la SSE refuse aux travailleurs de la construction des horaires de travail compatibles avec une vie de famille. Ce débrayage au Tessin est le coup d'envoi d'un mouvement national dans la branche. D'autres journées de protestation suivront dans les prochaines semaines dans tout le pays.
La CN règle les conditions de travail des près de 80 000 travailleurs. Cette convention collective expire à la fin de l'année et doit être renégociée. Après de longs atermoiements de la SSE, les négociations ont enfin commencé au début de l'été.
Aucune entente n'est cependant en vue. Malgré une crise du personnel reconnue dans la branche, la SSE bloque en effet toute évolution des horaires de travail et réclame au contraire des journées de travail encore plus longues pour moins de salaire.
Les travailleurs de la construction sont à bout ! Les horaires de travail doivent permettre de vivre une vie de famille.
« Les travailleurs de la construction sont à bout. Ils doivent assurer jusqu'à neuf heures de travail par jour dans la chaleur de l'été, sans même parler des heures supplémentaires ou des temps de déplacement jusqu'aux chantiers, qui peuvent atteindre plusieurs heures. Si tant de monde quitte la branche aujourd'hui, cela n'a rien d'étonnant. Il faut améliorer la situation pour que les travailleurs de la construction qui bâtissent notre pays par tous les temps puissent avoir une vie de famille », souligne Nico Lutz, responsable de la délégation de négociation et membre du comité directeur d'Unia.
Les revendications des travailleurs de la construction sont claires :
- Le paiement intégral des temps déplacement jusqu'au chantier : aujourd'hui, contrairement à ce que prévoit la loi, le temps de déplacement entre l'entreprise et le chantier n'est rémunéré qu'après 30 minutes et n'est pas compté dans le temps de travail.
- Une pause du matin payée : c'est la norme dans d'autres métiers depuis longtemps.
- Des journées de travail plus courtes : huit heures de travail pénible, c'est suffisant.
- La compensation du renchérissement garantie pour préserver le pouvoir d'achat
La SSE réclame au contraire des journées de travail encore plus longues et moins bien payées.
« Les travailleurs de la construction n'accepteront ni le maintien des conditions insatisfaisantes actuelles, ni la moindre dégradation supplémentaire de leurs conditions de travail. A défaut, la branche risque de s'effondrer » explique Michele Aversa, coresponsable de la branche au syndicat Syna.
La vague de protestation nationale se poursuivra dans les prochaines semaines.
Cette journée de protestation au Tessin s'inscrit dans un mouvement d'envergure nationale. De nouveaux débrayages suivront dans d'autres régions ces prochaines semaines : le 31 octobre à Berne, les 3 et 4 novembre dans toute la Suisse romande, le 7 novembre dans le nord-ouest de la Suisse et le 14 novembre à Zurich et dans d'autres régions de Suisse alémanique.
Si la SSE reste fermée à toute négociation pour trouver des solutions à la crise du personnel dans la construction, elle s'expose à une grève nationale de la branche en 2026.
Fiche technique sur la renégociation de la CN 2025 (lien)
Pour plus de renseignements :
Michele Aversa, coresponsable de la branche construction de Syna, 078 775 32 64
