L'Office fédéral de la statistique a publié aujourd'hui de nouveaux chiffres sur l'inégalité salariale. Ils réservent une bonne surprise : alors que les inégalités globales continuent de diminuer, passant de 16,2% en 2022 à 15,7% en 2024, la discrimination salariale recule enfin elle aussi, après avoir continuellement augmenté depuis plus de dix ans. Pourtant, les femmes gagnent toujours moins que les hommes en raison de leur sexe, en moyenne 640 francs par mois de moins.
Aujourd'hui, le Conseil des Etats a décidé que l'obligation d'analyse de l'égalité des salaires par les plus grandes entreprises devait continuer d'être limitée dans le temps. Il a refusé de donner suite à une initiative parlementaire de Maya Graf en ce sens. Travail.Suisse regrette cette décision de principe qui aurait pu corriger la clause de caducité insensée introduite avec la dernière révision de la loi. C'est l'une des nombreuses lacunes qui marquent la révision de la loi de 2020 et qu'une large Coalition contre la discrimination salariale veut corriger.
À l'approche du 30e anniversaire de la Loi sur l'égalité (LEg), plusieurs objets parlementaires traités durant la session d'été 2026 concernent directement les droits des femmes, l'égalité salariale, la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale ainsi que la reconnaissance du travail de care.
À l'occasion des 30 ans de la loi sur l'égalité, nous avons interrogé la conseillère aux États jurassienne Mathilde Crevoisier Crelier. Alors que les inégalités salariales persistent, elle revient sur les blocages politiques et les mesures nécessaires pour faire enfin progresser l'égalité en Suisse.
Le 8 mars marque la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En 2026, les anniversaires se succèdent : 55 ans du droit de vote des femmes, 50 ans de la Commission fédérale pour les questions féminines (CFQF), 30 ans de la Loi sur l'égalité. Ces jalons sont importants. Ils rappellent que les droits des femmes en Suisse sont récents et qu'ils ont été conquis par la mobilisation. Mais ils nous rappellent aussi que l'égalité réelle n'est toujours pas atteinte.
Voilà cinq ans que l'article sur l'égalité a été adopté et il n'y a pas de quoi pavoiser. Début juillet, des représentantes et représentants de plus de 50 groupes se sont rassemblés sur la place de la gare à Berne devant un gâteau d'anniversaire symbolique orné d'une larme. Parce que le droit ancré dans la loi à un salaire égal pour un travail équivalent n'est toujours pas respecté.
Il y a cinq ans, la loi sur l'égalité (LEg) a rendu l'analyse des salaires obligatoire en Suisse pour contribuer à combler les inégalités salariales entre femmes et hommes. Aujourd'hui cependant, le constat est sans appel: les écarts persistent et la loi est largement inefficace.
Malgré un bilan intermédiaire très mauvais de la loi sur l'égalité publié aujourd'hui, le Conseil fédéral ne propose rien pour améliorer le respect de la loi par les entreprises. Plus de la moitié des entreprises ne respectent pas leurs obligations légales pour combattre la discrimination salariale.
Une Coalition contre la discrimination salariale forte de 52 organisations, dont fait partie Syna - le syndicat, envoie aujourd'hui une lettre ouverte au Conseil fédéral. Elle lui demande de prendre des mesures efficaces pour éradiquer la discrimination salariale à l'égard des femmes, notamment par une révision de la loi sur l'égalité LEG. Quatre ans après l'entrée en vigueur de l'obligation d'analyser les salaires par les entreprises les plus grandes, le constat reste inchangé : la discrimination salariale demeure et augmente.
