Voilà cinq ans que l'article sur l'égalité a été adopté et il n'y a pas de quoi pavoiser. Début juillet, des représentantes et représentants de plus de 50 groupes se sont rassemblés sur la place de la gare à Berne devant un gâteau d'anniversaire symbolique orné d'une larme. Parce que le droit ancré dans la loi à un salaire égal pour un travail équivalent n'est toujours pas respecté.
Le rapport adopté aujourd'hui par le Conseil fédéral démontre une fois de plus la pénalité salariale liée à la maternité. Dans les faits, l'égalité hommes-femmes n'est toujours pas atteinte. Plusieurs éléments, comme l'état civil, le statut familial ou l'engagement à temps partiel expliquent objectivement la différence salariale, sans pour autant la justifier. C'est bien le cadre actuel favorise les différences salariales, dont la répartition inégale du travail pour s'occuper de membres de la famille ou de tiers. Le congé familial égalitaire peut changer ce cadre.
Il y a cinq ans, la loi sur l'égalité (LEg) a rendu l'analyse des salaires obligatoire en Suisse pour contribuer à combler les inégalités salariales entre femmes et hommes. Aujourd'hui cependant, le constat est sans appel: les écarts persistent et la loi est largement inefficace.
Le Conseil national a adopté ce matin le dispositif de nouvelle allocation de garde financée par la loi sur les allocations perte de gain adopté par le Conseil des Etats en décembre. En revanche, il a décidé de réintroduire l'outil des conventions-programmes passés avec les cantons, un outil rejeté par le Conseil des Etats. Un crédit d'Engagement 200 millions sur 4 ans a été adopté pour cela.
Le 2 avril 2025, Syna lance l'initiative pour un congé familial avec une large alliance. L'initiative vise à instaurer un congé parental de 36 semaines, soit 18 semaines pour chaque parent, non transférables, remplaçant ainsi les actuels congés de maternité et de paternité.
Trop, c'est trop. Face à la persistance du harcèlement sexuel et des violences sexistes sur les lieux de travail, Syna passe à l'action. Aujourd'hui 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous lançons une campagne nationale pour briser le silence, accompagner les victimes et exiger des mesures concrètes de la part des employeurs et des pouvoirs publics.
Malgré un bilan intermédiaire très mauvais de la loi sur l'égalité publié aujourd'hui, le Conseil fédéral ne propose rien pour améliorer le respect de la loi par les entreprises. Plus de la moitié des entreprises ne respectent pas leurs obligations légales pour combattre la discrimination salariale.
Une Coalition contre la discrimination salariale forte de 52 organisations, dont fait partie Syna - le syndicat, envoie aujourd'hui une lettre ouverte au Conseil fédéral. Elle lui demande de prendre des mesures efficaces pour éradiquer la discrimination salariale à l'égard des femmes, notamment par une révision de la loi sur l'égalité LEG. Quatre ans après l'entrée en vigueur de l'obligation d'analyser les salaires par les entreprises les plus grandes, le constat reste inchangé : la discrimination salariale demeure et augmente.
Quatre initiatives cantonales en faveur du congé familial fédéral seront traitées par la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique CSSS du Conseil des Etats ce lundi. Pour Travail.Suisse, c'est un signe que le moment est venu d'adopter un congé paritaire bien payé et suffisamment long au niveau fédéral.
